Djelfa 1955

By février 13, 2016Souvenirs
Djelfa

Cette carte postale, je ferme les yeux….Souvenir des rues désertes plombées par le soleil, bruit des semelles bruyantes de Papa sur les routes caillouteuses..Des charrettes remplies de pains de glaces tirées par des ânes..Des maisons de torchis blanc reflétant la lumière..Le brouhaha du marché sur la place sans ombre..Des hommes en burnous blancs narguant la chaleur du soleil comme des statues de sel pouvant bavarder des heures grâce aux petits cailloux ronds qu’ils suçaient..Ces fatmas drapées d’un voile blanc me semblaient des fantômes aux yeux noirs soulignés de Khôl..Sur le chemin de l’oasis, des chameaux croulant sous les ballots…Le goût des jujubes gourmandes..Ces figues de barbaries que Papa m’apportait triomphant, surtout ne jamais lui avouer que je les déteste..Le frôlement feutré des chauves-souris dans nos cheveux, stoppant net nos jeux à la tombée de la nuit…Me revoir, petite, pieds nus, en totale connexion avec le sable, les gravillons, les brindilles, je suis dans le jardin d’Eden, je marche, je coure, je virevolte, je danse..Mais…Mes souvenirs se voilent, Djelfa comprenait la petite sauvageonne cheveux aux vents, et elle doit l’abandonner..
Mes parents partent à la grande ville : Alger……Mes pieds gardent encore le souvenir du carcan des chaussures, comme une indienne dans la ville…Depuis, victoire, pour me guérir, je les collectionne….Des paires et des paires…
Ces images me plongent dans ce son….

 

Souvenir partagé par Colette

Leave a Reply